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Dimanche 10 décembre 2006

Vérification faite, le train de 17h55 était noté comme circulant durant la grève vendredesque. Cohue innommable dans le hall de gare, voyageurs survoltés, valoches fermement aggripées, mais, notons-le, escalators en service, j'arrive malgré tout jusqu'au train. Je m'installe, le wagon se remplit jusqu'à vomir, l'allée centrale est prise d'assaut, ça lui ferait trop de travail à la SNCF de rajouter 2 ou 3 wagons aux trains circulants en ce jour où 1 TER sur 3 seulement prend le rail.

17h55. Mesdames et messieurs... pris place à bord du train TER à destination de ... Nous vous informons... retard d'environ 15 minutes en raison de l'absence de locomotive.

(!!!)
Ca gromelle, ça gigote dans l'allée centrale, ça a chaud, ça s'assied sur les sacs.

18h14. Mesdames et messieurs... retard indéterminé d'environ 30 minutes toujours suite à l'absence de locomotive ! Nous informons les voyageurs qui se rendent à ... qu'ils peuvent emprunter le train grandes lignes départ 18h16 à destination de Lyon ! Merci de votre compréhension !

La moitié des passagers  embarqués , compressés dans ledit TER s'agite et vocifère. Le flot se déverse sur le quai, dans l'escalier, cavale jusqu'à la voie 6, s'engouffre dans le Grandes Lignes aux passagers ahuris.
Mais le Grandes Lignes étant un Grandes Lignes, évidemment, c'est un train à réservation, déjà plein car réservé avant que la moitié de ma saleté de TER s'y précipite.
C'est ainsi que la masse de passagers pouvant remplir un TER s'est tassée dans un train déjà plein. Train GL parti en retard, finalement, puisque pour cause d'affluence ils n'arrivaient plus à en fermer les portes.


Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Dimanche 5 novembre 2006

Le cochon de lait a été commandé. Il paraît qu'il a fallu spécifier de ne pas le présenter entier. Surtout, ne mettez pas la tête sur le plat, hein.

Ca risquerait de traumatiser les petites, de savoir qu'on mange du cochon, du vrai, alors que c'est si mignon un cochon. Pour elles, on mange 'de la viande'. Ca ne va pas plus loin. Et on ne fait pas de mal aux animaux quels qu'ils soient. Jamais.

Alors bien sûr, à partir de là, comment leur dire que 'la viande' aujourd'hui c'est du lapin, ou du canard, ou du poulet... Elles se mettraient sûrement à refuser 'la viande'. De futures végétariennes ?

Surtout, quelle idée de se focaliser là-dessus, c'est créer des problèmes là où il n'y en a pas, et protéger les petites d'une réalité
dont il n'y a pas lieu de les protéger... Réalité qui les rattrapera.


Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Vendredi 27 octobre 2006

Le cours de tchèque était bien clairsemé ce matin. Tout le monde avait sûrement fini jeudi voire mercredi soir, alors tant qu'à faire, séchons allégrement le tchèque, misérable option de rien, précipitons-nous à la gare et vive les vacances.

Moi, j'aurais pu rentrer mercredi soir, en séchant. Oui oui, mercredi soir, au lieu de vendredi après-midi !
Bon, mercredi c'était un peu particulier, parce que le cours censé se dérouler de 18h à 20h n'a pas eu lieu, ce qui a faussé mon organisation de la journée, et aurait eu un retentissement certain sur l'horaire du train si j'étais rentrée ce soir-là. Et puis en rentrant à 18h30, message sur répondeur, on peut pas venir installer votre chauffe-eau demain finalement parce qu'on l'a pas encore reçu.

Je me suis donc retrouvée avec un jeudi to-ta-le-ment LIBRE.


Du coup, je n'ai pas mis le réveil.
Je suis allée à la bibliothèque, j'ai expérimenté leurs postes accès libre à internet.
Je suis allée investiguer aux bourgeoises Galeries-Lafayette-Bouffe parce que j'avais vu plein de produits anglais dans la vitrine, les vrais trucs, ceux qu'on trouvait dans les rayons du Tesco !
Je n'ai pas été déçue. Ils ont une pleine étagère d'exoticités britanniques. Avec même, visiblement, un équivalent à l'étrange Marmite, mais sous un autre nom, petit pot avec une étiquette rouge je crois. Custard, thé, cranberry sauce, MacVities, pas mal ni donné. Même des white muffins de marque Monoprix (!). Mais pas de crumpets ni de bacon, dommage...
Précisons que la gastronomie anglo-saxonne n'est pas leur unique préoccupation. C'est ainsi que, sur l'étagère 'Amérique', j'ai trouvé LE PEANUT BUTTER. Plus cher qu'au Tesco et que celui de marque Tesco, mais P.B. quand-même, et en plus y'a le choix entre smooth ou crunchy alors...

Et puis, ça m'a piquée d'aller au cinéma. Le prof de linguistique nous avait parlé, à propos de phénomènes linguistiques notamment, de 'the Queen'. Ce film n'étant à priori pas la dernière connerie du siècle, j'ai fini par me laisser tenter, le tarif carte culture + séance de 18h = 4€ aidant.

Tout ça pour dire que jeudi était une bonne journée, et que si je n'ai pas tenu à me précipiter à la maison familiale pour les vacances dès le milieu de semaine, c'est non seulement parce que les cours de tchèque me plaisent, mais aussi parce que trop longtemps à ladite maison d'une traite, parfois y'a des moments où grrrrrrrrr.





Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Lundi 23 octobre 2006

L'autre soir, j'ai ré-écouté Back to Bedlam de James Blunt. Le temps d'un éclair, tout est revenu.

Le soleil qui tape à travers la vitre le matin pendant que je me coiffe, avant d'aller petit-déjeuner. Le pantalon noir, l'odeur de lessive.
Les crumpets chauds, le beurre, le miel, le silence le matin dans la maison parfois si bruyante la nuit.
Le thé, Tom the tank engine, la porte qui claque derrière moi quand je pars bosser.

Les chansons qu'on écoute à certains moments et dans certains lieux deviennent comme des symboles.

Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Dimanche 22 octobre 2006
J'avais eu du mal à me lever, j'avais avalé ma tartine de peanut butter, constaté (de nouveau) que dans le pot, le niveau baisse. J'étais partie pour la fac, assisté au cours de linguistique, moins exaltant ce coup-là que la semaine d'avant. J'étais ressortie de l'amphi 2h plus tard, après être tombée sur D. à qui j'ai promis d'envoyer les cours, pour reprendre le vélo direction maison.

Je retrouve mon vélo parmi la foule bicyle arrivée massivement (semblerait-il) entre 8 et 10, le 'parking' étant à peu-près désert quand j'arrive vers 7h50. J'ouvre le cadenas et.... je m'aperçois que le malotru peu scrupuleux garé de l'autre coté du pilier-à-vélo a certes cadenassé sa monture avec le pilier, mais également avec mon câble de frein. Impossible de rentrer à vélo à moins de :
- passer un moment à chercher le code de son cadenas, ou de
- cisailler son cadenas, ou encore de
- couper mon câble de frein.

J'en étais là dans mes réflexions lorsqu'un jeune homme s'approche de moi. Je me dis, ah, ben, c'est peut-être le malotru en question, qui va pouvoir me libérer de suite !. En fait, les mots qui sortent de sa bouche ne correspondent pas à ce que j'attends.
"Excuse-moi, euh, alors je sais que ça va être très maladroit, mais, euh, je, euh, est-ce qu'on s'est pas déjà croisés ?
Son visage ne me dit absolument rien. C'était pas au lycée, pas au Génépi, pas en cours. Dans un couloir de la fac, ça, j'en sais rien, c'est autre chose.
-Eumm, non, je ne crois pas, sans vouloir être méchante, tu ne me dis rien...
-Tu as cours parfois dans le bâtiment 3, c'était là bas... Je sais que c'est très maladroit, mais j'aimerais faire ta connaissance"

Alors voilà. Si le malotru n'avait pas cadenassé mon câble de frein, si je n'étais pas tombée sur D. après le cours, si j'étais rentrée chez moi tout de suite, je n'aurais pas passé une petite heure à discuter avec l'inconnu du bâtiment 3.
Un jeunot, l'âge de mon frère, 1ère année de fac de philo. Il me fait me sentir vieille et tellement loin des années lycées.

C'est bizarre les trucs qui arrivent dans la vie.
Et il n'y a pas de vérité universelle, pas de référent universel et mondial à qui s'adresser et qui nous dirait quoi faire, ce qui serait bien ou pas, quand il s'agit de relations humaines. Chacun doit construire et décider de sa propre vérité. 
Je fais quoi avec ce gars : je me méfie, ou pas tellement, jusqu'où je me raconte à lui ? On est tellement dépourvu de garde-corps dès qu'on est en relation avec quelqu'un. Surtout au tout début. Après, le garde-corps  se construit, je crois que ça s'appelle la confiance...


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F. a refait une apparition dans mon monde onirique. C'est marrant, il vient comme ça, de temps en temps, alors que je ne le vois jamais en vrai,  mais c'est sûrement parce que  depuis des mois je me demande ce qu'il devient.

C'était bizarre, j'étais au cinéma je crois, une sorte de soirée spéciale avec projection de 3 films à la suite. Entre 2 films, je suis sortie prendre l'air, je n'étais pas seule, j'étais avec L.. Puis en redescendant des escaliers dans un couloir mal éclairé pour retourner dans la salle de cinéma, je l'ai croisé, lui remontait.
Je ne l'ai pas  tout de suite reconnu. J'étais tellement surprise de le voir que je suis restée bouche bée,  les yeux fixés sur lui  pendant qu'on se croisait. Il s'était teint les cheveux en noir (?!), il était avec une fille, que j'ai considérée comme sa copine, sans aucun doute possible pour moi alors que je n'avais aucune preuve.
Il m'a regardée, m'a dit quelques mots, une phrase, quelque chose comme : "laisse-moi", qui n'appelait ni réponse ni prétention à lui reparler ultérieurement. Peut-être que ça n'était même pas du français, mais un langage onirique inventé pour l'occasion, peut-être même que rien n'a été formulé verbalement et que j'ai simplement "ressenti" la signification par une sorte de télépathie, on sait jamais avec les rêves. Parce que je n'arrive pas à trouver ses mots exacts. Toujours est-il que c'était sec, presque violent, et de toute façon inattendu et blessant.

Par Noisette - Publié dans : earplugs
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