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Mercredi 16 août 2006

Les gens. Ils sont teeeelllllllement prévisibles. Je me doutais bien qu'hier soir, 15 août, les gens se précipiteraient sur un repas qu'ils n'ont pas besoin de cuisiner. Suffit juste d'ouvrir les petits sachets de ketchup.
Un vrai dimanche soir. Et pourtant, les gens doivent se douter que plein d'autres gens ont la même idée qu'eux à la fin du week-end ou du pont du 15 août. Ils savent que l'endroit sera loin d'être désert. Mais qu'à cela ne tienne, ils feront la queue, un long moment. Les gens.
 
Certains qu'on flaire méfiants dès le 'bonjour', et qui grimpent sur l'échelle du 'désagréable' si tout n'est pas prêt en même temps. D'autres, gentils jusqu'au bout, malgré l'attente.
 
Il ne faut pas très longtemps pour se rendre compte que le personnel forme une sorte de petite société. Il n'a pas fallu très longtemps non plus pour me rendre compte que ma place n'est pas et ne sera jamais au sein de cette petite société. Non qu'elle soit antipathique ou mesquine (l'aboyeuse P. mise à part, peut-être), mais le drame est qu'il n'y a rien d'intellectuel à se mettre sous la dent.
Alors, une fois rentrée, même si la nuit est déjà bien avancée, je me plonge dans la biographie de Karajan, dans un Zola, ou dans le surprenant Brillat-Savarin Physiologie du goût (ironie...). Je m'étourdis de musique classique. (NRJ, ça va 5 minutes.)
Je ne peux pas imaginer d'avoir un poste fixe là-bas, que ça soit mon métier. Chaque jour, je me rends compte qu'untel(le) n'est non pas étudiant(e) comme je le croyais, mais bel et bien salarié(e) à temps plein depuis des mois voire des années. Je n'ose pas demander, même aux plus jeunes, quel cursus ils suivent. Et encore moins à ceux un peu plus agés, quel cursus ils ont suivi. N'y aurait-il pas une part de voyeurisme et de dénigrement, à vouloir savoir ce qu'ils ont fait pour ensuite en arriver là ?
Mais peut-être qu'eux ne considèrent pas ça comme 'en arriver là'. Peut-être que c'est moi qui, déjà, encore, m'englue dans une sorte de hiérarchie des métiers et des compétences ?
 
Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Mercredi 19 juillet 2006

Le linge (lave au Washarama de Penny Lane, ou j'ai probablement mis les pieds pour la derniere fois... ) seche en un temps record dans la petite cour, embroche / pendu / accroche au fil a linge / velos / chaises sorties pour l'occasion.
 
Je me suis resolue a rapatrier une partie de mes affaires par parcel2go.com, 20 kilos ne suffisant sans doute pas a embarquer les livres / habits / petits bazars encore en stand-by a Liverpool... Packing prevu lundi, on va rigoler.
 
Ronnie's missing. Pas moyen de le joindre, depuis mercredi dernier...
 
Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Dimanche 9 juillet 2006

27 juin 06 : setting the scene
 
Les ruisselets (plus abondants que de simples 'filets' ; mais avec 'ruisselets', on s'exclut 'ruisselent' ensuite ; nous dirons donc) dégoulinent depuis le toit du bus sur le pare-brise quand il pleut et que le bus freine.
 
Hier soir, devant le match de foot, Christophe, tapotant le canapé turquoise, a demandé à Dora comment aller au supermarket Waitrose depuis la maison : on peut prendre à gauche dans le cul-de-sac au bout de la rue ou il faut faire le tour ?
Et Dora de répondre : "le canapé, je l'ai acheté en 1995 pour 80 livres"
Christophe, fallait pas triturer l'accoudoir à côté de toi en posant ta question ! En face de lui, Clotilde et moi tentions de nous bidonner le plus silencieusement possible.
 
L'araignée (grosse !) logée dans notre chambre, entre la petite commode et le mur et qui (semblerait-il) file sous la moquette la nuit.
 
Le rire de Dora, un rire enfantin, hihihi.
 
Victoria (de son nom anglais), la polonaise qui ne parle pas bien anglais mais qui suit assidûment les matchs à la télé, à grand renfort de SMS/appels de/à sa fille en Pologne.
 
L'état du frigo... Attention, haut-le-coeurs le matin en l'ouvrant pour prendre le lait.
 
Deux chauffeurs se sont relayés pour la nuit du 24 au 25, d'Aix à Paris. Damien, le rigolo, et Xavier, d'une sorte de beauté sauvage et au nez bien triangulaire. Il faisait très jeune de loin mais plus tant que ça de près.
 
 
29 juin 06 : de la sociabilité
 
Si je n'ai (presque) pas pipé mot durant le barbec' il y a quelques semaines à Paris, c'est que je n'avais rien à dire.
Là, à Bristol, entourée de gens que je rencontre pour la 1ère fois, tout se passe bien, les taquineries et les conversations vont bon train.
Peut-être parce qu'ils ne formaient pas un groupe au départ et que personne ne connaissait personne.
Peut-être parce que chacune des 4 accompagnatrices perçoit qu'il n'y a pas de personnalité dominante ou de jugements hâtifs.
 
 
3 juillet 06 : vanishing socks
 
Hier soir, opération araignée. Un spécimen (moins imposant que Mina, celle près de la commode) avait élu domicile dans le lavabo. Du coup Clotilde a écourté son passage à la salle de bains. N'étant décidément pas capable de me brosser les dents en présence de et les yeux fixés sur une arachnide (le frigodégueu, la nourriture périmée, Mina, le rideau de douche moisi, ça fait déjà beaucoup pour une chochotte de première, j'ai d'ailleurs sans doute atteint mon seuil de tolérance... Et pourtant, la coloc... Mais même là-bas, le frigo n'était pas aussi crade, et surtout, la nourriture à l'intérieur était emballée ou couverte -- je ne peux pas m'empêcher de me rappeler que la mauvaise conservation des aliments est la cause n°1 d'intoxications alimentaires...), j'ai entrepris de l'envoyer dans le siphon.
 
Dora nous a raconté qu'elle avait d'abord été mariée à un français, avec qui elle a eu un fils. Elle s'est retrouvée veuve, et remariée, par pure convenance, avec un anglais veuf lui aussi, et père d'une petite fille. Se mettre ensemble apparaissait comme la solution la plus facile.
 
Ce matin, plus assez de pain pour préparer nos sandwichs. Elle abuse quand-même, d'autant plus qu'on lui a fait économiser 3 repas ce week-end entre barbeucs et pique-nique. Bref, le pack lunch today, c'est light. Christophe (ah ce Christophe, à la fois chauffeur et sauveur) va aller faire les courses ce matin normalement, pour qu'on puisse manger à notre faim demain midi à Cardiff.
 
Vivement samedi. Plus que 5 douches à prendre dans la cabine douteuse au tapis en caoutchouc à ventouses qui accrochent les cheveux qui tombent et qui font vide d'air quand on pose le talon dessus. Ce matin, il y avait carrément des cheveux entortillés autour de la douchette. Beurk !
L'eau brûlante sur les coups de soleil, c'est pas l'idéal, mais pas moyen d'avoir de l'eau tiède. Au moins, avec tout ça, on n'y reste pas 3 plombes, sous la douche.
 
Je ne pensais pas me cramer à ce point en restant à l'ombre toute la journée d'hier, pendant le pique-nique. Fini le débardeur. Bien fait d'acheter de l'après-soleil l'autre jour ; ça tartine dur.
 
Où sont passées les chaussettes que j'avais mises à laver ? J'ai récupéré le tee-shirt -- j'avais seulement donné des trucs qui craignent pas, tee-shirt blanc et chaussettes, pas mes jolis tee-shirts à motif caoutchouté -- mais pas moyen de mettre la main sur les chaussettes. Pareil pour Christophe.
 
Victoria met de la mayonnaise dans la pâte de son gâteau-génoise...
 
C'est rigolo de se retrouver à passer la soirée tous ensemble autour d'un barbeuc', les 4 accompagnatrices, le chauffeur, Pam la logeuse d'Isabelle et Caroline, et Nicolas, un copain de caroline, alors qu'il y a 2 semaines on ne se connaissait ni d'Eve ni d'Adam, et pour cause, les 4 coins du pays sont représentés : Nantes, Gap, Paris, le Touquet, Strasbourg !
 
 
5 juillet 06 : gargouillis perpétuels
 
Ai réservé 1h d'Internet à la biblio locale, vendredi matin. Rappelé la maison pour tenter d'avoir Mère de vive voix mais Mère pas là. Rappelé Félix suite au message laissé à la maison, mais personne ne répondait.
 
I could kill for food. J'ai passé la journée à avoir faim. Un sandwich, ça suffit pas pour tenir de 12h à 19h. En plus, on n'a jamais de dessert, même pas des biscuits, rien, c'est dur-dur.
 
 
9 juillet 06, 8h00 29s. Gare de Lyon Perrache
 
REM dans les oreilles pour ne pas me rendormir, un balisto et une pomme pour ne pas défaillir, j'attends le train de 9h19.
Tout compte fait je ne suis pas bien sûre d'avoir dormi et j'espère pouvoir m'affaler au calme dans le train.
 
Bien contente de l'avoir accompagné, ce séjour linguistique, finalement. Je crois que j'ai eu du bol de tomber dans cette équipe d'accompagnatrices et sur Christophe comme chauffeur. On l'a lâché après Paris -- il doit être at home à l'heure qu'il est, grrrrr ! --, et on a retrouvé Damien de l'aller, et puis un autre, Stéphane, à la place de Xavier. Damien a l'air d'être quelqu'un de très doux. On a bien déliré en lui racontant nos aventures épiques chez Dora et dont Christophe lui avait déjà parlé. Du coup, hop ça a été reparti, et on se cherchait comme on l'avait fait avec Christophe.
 
Vu que trop de marge avait été prévue au niveau de l'horaire d'arrivée à Paris hier soir, on a fait une grosse pause-shopping à la Cité de l'Europe à Calais.
 
Et là, miracle.
 
J'ai trouvé LA lampe. Celle ni trop petite ni trop grande ni trop ceci ni trop cela que je cherchais depuis des mois (plus ?). A Maisons de Monde, tout simplement, mais dont je n'avais trouvé nulle trace dans le magasin de Colmar.
 
En venant à la gare depuis la place Bellecour ce matin, un violoniste à vélo.
 
Et puis, mes 2 épreuves passées à Nancy dans un esprit de décontraction la plus totale fin mai sont validées ! 15 en version et 13,5 en didactique, plutôt bien payé compte tenu du travail fourni pendant l'année, de l'apprenage dernière-minute et de la réponse tronquée pour cause de train à attraper.
 
Lyon, ça a l'air mignon...
 
Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Mardi 20 juin 2006

Malorie est repassée, mère ne l'ayant, malgré mon insistance, pas rappelée. Du coup, ça y est, la bonne nouvelle a été annoncée. Et la réaction maternelle n'a pas manqué d'être hystérique.
 
Samedi soir à Paris. Invitation barbecue. Expérience désagréable que de se retrouver au milieu d'un groupe qui non seulement se connaît bien, mais dont tous les membres bossent aussi dans la même sphère professionnelle. Et vas-y que je jargonne joyeusement. Tous le monde était dans le coup sauf (les gamins [sales gosses, soit dit en passant] et) moi... La fonction publique territoriale, c'est pas mon domaine. Je me sens tellement moins étrangère dans un groupe d'instits/profs !
 
Par Noisette - Publié dans : earplugs
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Vendredi 9 juin 2006

Hier, pendant que j'étais en train de passer la voiture au Renovator Polish Magique Qui Fait Briller, Malorie est passée. Elle voulait voir Mère bien sûr ; or Mère étant au travail, je lui ai fourni quelques indications afin qu'elles se programment un coup de téléphone préalable à une thé-kranzla party.
 
Malorie est enceinte. Ca, je n'ai pas le droit de le dire à Mère ; j'imagine que la donzelle veut lui annoncer elle-même. Avant de repartir, elle glisse "c'est prévu pour janvier ; j'ai pris seulement 1kg pour l'instant, surtout dans la figure comme tu peux voir ; tous ces trucs c'est bizarre mais c'est génial".
 
Quand elle m'a tout d'abord annoncé la nouvelle, je me suis réjouie pour elle mais sans être hystérique ; je n'ai pas posé de questions à part sais-tu-si-c'est-une-fille-ou-un-garçon et voudras-tu-le-savoir.
Pourquoi a-t-elle rajouté des détais juste avant de sauter dans la voiture ? Par joie si incompressible qu'elle le crierait au monde entier ? Ou bien parce que je n'ai pas montré assez d'enthousiame ?
Aurais-je dû faire l'hystérique ? Je n'ai pas vraiment -- vraiment pas -- d'expérience en matière d'enceinteté ; si je connais à peu-près les questions d'usage à poser après la naissance, ma maîtrise de celles qui s'imposent au début de la grossesse n'est pas glorieuse. Tu vomis combien de fois dans la matinée ? Tu supportes encore les odeurs de cuisine ?, peut-être.
 
De nouveau rêvé de F., sans raison apparente again. Ca ne me déplairait pas de tomber nez à nez avec lui, aux courses ou en ville.
F., j'espère sincèrement que tout va bien pour toi.

Par Noisette - Publié dans : earplugs
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