"That was the problem, wasn't it ? You left home. But you never did become an adult. Not really. You just fucked up in different and more complicated ways."
Reporté. Tout bonnement, tout simplement. Des centaines de personnes inscrites mais c’est pas grave, 10 jours avant la date prévue, on reporte. Hop, un courrier, un mail, et le tour est joué.
Qu’est-ce que j’en fais moi maintenant, de mes billets de train inutilisables car Prems ?
Ca doit vraiment pas être les rois de l’organisation. Quels clampins ! A tout hasard, j’ai tenté une demande remboursement auprès de l’école elle-même, après tout seule responsable du chaos ambiant.
Sans grand espoir ; cela dit, écrire m’a au moins permis de leur déverser mon mécontentement. Je me réjouissais de revoir Suze aussi, mais ma foi, il faut croire que ça attendra. Ca attendra peut-être même la fin août, parce que si ces incompétents plannifient le report pour la fin juin, le bidule aura lieu sans moi.
Ben oui, moi, je sais m’organiser, tout concordait, se suivait paisiblement, de week-ends en week-ends, de trains en avions, jusqu’à ce que voilà, ces logisticiens chevronnés s’aperçoivent qu’il y a un grain de sable (une falaise ?) quelque part.
Il sourit.
« Ca me fait vraiment plaisir de te revoir.
Il me tapote le bras.
-Moi aussi. Ca me fait très plaisir de te revoir. »
Je lui rends son tapotement.
Je souris.
Déjà, la reconnaissance de parcours la nuit, c’est pas super. Il faut dire que ça n’était pas non plus une découverte comme ça out of the blue ; seulement, la dernière fois, malgré mon étude ( ! - approximative ?) du plan, je m’étais perdue, déambulant au hasard pendant un bon quart d’heure. Afin d’éviter que ce type de désagrément se reproduise j’étais donc revenue la veille de ma visite officielle. Finalement ça n’est vraiment pas compliqué. Mais heureusement que la route était désertique parce que niveau code de la route, j’étais parfois limite-limite.
Dans le genre saut dans l’inconnu ça allait être une sacrée journée.
C’est peut-être pour ça que mardi au petit-déj j’ai presque rien avalé. Résultat, bien sûr, à 9h, je crevais déjà bruyamment la dalle, heureusement couverte par le bruit de fond environnant.
A midi, j’ai enfin pu me rassasier avec ma home-made lunch box. Je suis allée errer alentours, décidant au final de prospecter, une fois le ventre plein, au Rond Point tout proche : dans un souci de rentabilité temps / culture, j’ai filé au rayon livres pour me saisir d’un exemplaire du dernier Pierre-Emmanuel Schmitt. Le temps d’en lire – gratuitement - 4 nouvelles, dont la fameuse Odette Toulemonde qui a fait tant de remue-ménage pour, si j’ose dire et d’après la lecture que j’en ai faite, pas grand-chose si ce n’est rien d’extraordinaire (… bien fait d’être plutôt allée voir Little Miss Sunshine, tiens !!!), et c’était l’heure de regagner mon lieu de stage officieux d’une journée.
Une pause-lecture comme celle-là, y’a rien à faire, ça intersectionne une journée le temps de la possibilité d’un autre monde.
En sortant à 16h20, je me doutais bien que ça ferait juste-juste pour catch the 16h38 train. Cela dit il me fallait le 17h05 dernier carat, cause répèt’ à 18h30. Misant donc sur le 17h05, j’arrive à la gare, osant espérer une placette de parking, et ne pas devoir parcourir ces foutues ruelles à stationnement alterné, ça tombe jamais la bonne semaine quoi, y’a toujours un 15 du mois qui se balade, mais là, en déboulant sur le parking de la gare c’est comme si tout avait été taïmé en ma faveur, une place se libère sous mon nez. Et j’attrape sans encombre le 17h05 qui notons-le mes frères n’est pas en retard.
Le temps de ranger les tupperwares au fridge, de raconter ma journée au frangin, de jeter un coup d’oeil au morceau, d’emballer le cello, et me voilà en route pour la répèt’, la première de la série, 2ème inconnue de la journée.
Eh ben, jouer dans un orchestre, même improvisé le temps d’une préparation d’un concert unique, c’est incroyable ce que ça met de bomokeur. On oublie les heures passées sur les exercices pervers typiques tout droit sortis de la méthode. Jouer seul, c’est bien, mais quand les instruments s’unissent, c’est sacrément chouette quand même.
C’est décidé, à la rentrée de septembre j’essaye de me dégotter un orchestre amateur permanent.